LE ROYAUME EN CHANTIER d’avril 2026

n° 3 du 24 avril 2026

Dans Églises en Val n° 3, Janvier 1991.

L’éditorial du père Jean de Montalembert annonce dans un peu plus d’un an l’ouverture de 5500 chambres d’hôtel, la population passera de 5000 à 15000 habitants en 1995. Devant cette nouvelle situation pastorale, Mgr Louis Cornet érige « la paroisse des Portes de la Brie » avec le secteur IV, plus Coutevroult et Chalifert, et nomme Jean de Montalembert curé, et délégué de l’évêque pour le projet Euro Disney. Le père Roger Maksud (du diocèse de Créteil) est aussi nommé sur le secteur pour implanter l’Atelier de Paix.

Trois cellules de travail sont créées :

  • La pastorale du loisir et des parcs d’attractions
  • L’attention au personnel du chantier
  • L’Équipement religieux et la visibilité d’Église : cette cellule a pour objectif de réfléchir et de proposer le type, la nature, les style d’équipements religieux nécessaires pour l’activité pastorale, dans les villages et sur le site.

 « Parallèlement le Père Cornet avait chargé le père Bernard Poupard de la mise en place par rapport à ce vaste ensemble d’aménagements divers, d’un lieu monastique de prière et d’accueil. Aujourd’hui ce lieu est ouvert et Bernard Poupard s’y consacre, tandis que Jean de Montalembert a été nommé pour poursuivre l’animation du travail… »

Dans le projet du secteur IV, il fallait des lieux-signes : chaque église d’abord, mais aussi l’Atelier de Paix, et encore un monastère. Que chacun puisse venir y respirer, après le loisir ou le travail. La Fortelle est une maison de garde forestier idéalement situé à côté du projet. Le 14 octobre le père abbé d’En Calcat a béni la maison. Le diocèse achète, l’écurie deviendra la chapelle, 15 chambres, un cloitre au centre à faire. On y fixe le service des vocations dont Jean de Montalembert et Bernard Poupard sont chargés.

 

 

Églises en Val n° 5, Octobre 1991

  1. 18-19 « La vie du jeune monastère de La Fortelle »

Pour être permanence de prière et de silence au cœur de notre région bouleversée, le monastère Notre-Dame de la Visitation à La Fortelle.

Le premier juin, lorsqu’il est venu bénir le monastère, le Père Évêque disait : « la prière de notre frère Bernard, de Jacques qui l’accompagne, la prière de tous les amis de la Fortelle, depuis le premier jour, prenait la forme de cette interrogation de Marie : Comment cela se fera-t-il ? » Nous étions alors rassemblés « pour accueillir dans la fragilité d’un nouveau-né cette réalisation désirée, voulue, d’un monastère selon la tradition de Saint Benoît. Ceux qui se demandaient comment ce monastère Notre-Dame de la Visitation allait réaliser sa mission d’être signe au milieu des mutations de ce pays, comprenaient aussi qu’en cette impuissance s’annonçait une naissance. »

Ces paroles de notre évêque, nous les avons vraiment vécues et nous les vivons dans la foi, jour après jour.

Il a fallu traverser les mois difficiles d’un chantier éprouvant et, lorsque le gros-œuvre a été terminé, entreprendre les nettoyages, les peintures, les aménagements en récupérant de tous côtés.

Mais c’est vrai que nous avons toujours été dans la maison de Zacharie et Élisabeth, nous avons toujours été visités par ceux qui nous rejoignaient pour la prière, changeant de salle selon l’évolution des travaux, par les jeunes du service des vocations qui ont suivi les étapes de l’année de formation et de discernement dans des locaux de fortune. Cinq d’entre eux entrent au séminaire cet automne et voilà bien encore un fruit inattendu. D’autres jeunes sont venus parce que la maison était ouverte et ils vont prendre la suite cette année.

Nous avons ainsi appris à entrer dans le « régime des fécondités impossibles, dans l’ordre de la grâce toute-puissante de l’Esprit qui donne la vie. » Nous ne cessons de l’apprendre, d’y être amenés.

Nous avons maintenant une belle chapelle, un beau cloître tout simple, des lieux de vie et d’accueil qui se mettent en place progressivement. Nous y vivons d’abord dans l’ombre où se cachent les moines, les hôtes, « comme on cache un secret, le secret d’une vie à sa naissance. » Le monastère est d’abord là pour être ce lieu de l’ombre. Un signe très humble et gratuit. Il s’agit pour nous d’être là, d’y tenir notre travail, notre prière, d’y accueillir simplement et de laisser cette offrande recevoir sa fécondité.

La vie, ce sont les voisins qui viennent aux vêpres ou à l’eucharistie du soir, d’autres de la région qui se retrouvent pour la méditation de la Parole de Dieu du samedi soir ou aux vêpres du dimanche. Les scouts ont vite adopté leur prairie et ils s’y sont succédés tout le printemps et le début de l’été. Des promeneurs du dimanche viennent voir.

Les espaces s’organisent peu à peu : espace de silence pour les hôtes, lieu de rencontres, espace pour les jeunes et le campement.

Le chantier qui nous est le plus proche n’est pas celui de Disney, mais celui du TGV. Les conducteurs d’engins qui tracent la voie et construisent le talus qui nous protégera du bruit ne savent pas que nous les portons dans notre silence et notre prière.

Nous restons proches et solidaires de ce qui se met en place dans le doyenné et le secteur des portes de la Brie. C’est aussi notre mission. Nous avons cette grâce d’être plantés dans une église locale qui nous a voulu ici, et nous réalisons avec bonheur que nous sommes en plein cœur du département, que nos hôtes et visiteurs viennent aussi aisément de Melun que de Meaux.

Merci à tous ceux et toutes celles qui nous aident à être fidèles à cette mission, aux jeunes qui savent qu’ils peuvent venir à La Fortelle pour partager, prier, manger, dormir, travailler, le temps qu’ils désirent ; et à tous ceux qui, en venant, font de ce lieu celui de la visitation.

Bernard Poupard.

 

Le père Bernard Poupard osb, a été aumônier du monastère de Jouarre de 1984 à 1990. Né le 29 mai 1934 dans le Poitou, il avait été bénédictin auparavant au Maroc en 1965, puis prieur à Bouaké en Côte d’Ivoire en 1978. Il avait été chargé des vocations pour la partie nord du diocèse. La Fortelle ouvre le 29 septembre 1990.

En 2000, le père Bernard rejoint l’abbaye Saint-André de Clerlande, à Ottignies en Belgique, dont il sera prieur en 2005, avant de mourir le 29 septembre 2020. (la vidéo de ses obsèques se trouve sur Youtube)

Le monastère de la Fortelle est alors confié à la communauté des Béatitudes, qui y restera jusqu’en 2009. Le diocèse vendit la maison à un particulier en 2010.

 

Nous reviendrons une prochaine fois sur l’histoire de la répartition des paroisses, et sur l’Atelier de paix.

 

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